Billet de blog 3 : Retour à Rouen
De retour à Rouen, les étudiant.es se lancent dans le tri des données qu’iels ont récoltées à Calais, poursuivant le resserrage de leurs problématiques. Dans ce dernier billet de blog, chaque groupe revient sur le déroulé de son enquête et ses premières pistes d’analyses.






Groupe « Seconde main » (Alice, Anaïs, Lola, Maïwenn, Tiffany)
Retour sous la forme du journal intime de la ville de Calais
Lundi 20 octobre 2025
Cher journal,
Aujourd’hui, j’ai pu voir un car rempli d’étudiant.es débarquer à l’auberge de jeunesse. Quelle ne fut pas ma stupeur de voir cinq étudiantes se disperser pour enquêter sur mes friperies et mes ateliers de retouche ! Je les ai entendues dire que j’hébergerais beaucoup de boutiques de seconde main, car je ne serais pas la plus riche des villes…
Cet après-midi, elles sont allées observer un atelier de couture proposé par un centre social, qui abrite également une friperie. Ces apprenties chercheuses intrépides y ont abordé ses participantes et ses bénévoles pour en apprendre davantage sur leurs pratiques vestimentaires et leur engagement écolo. J’apprends quelques heures plus tard qu’elles reviennent demain pour un entretien avec une bénévole de la friperie.
Mercredi 22 octobre 2025
Cher journal,
Voilà maintenant quelques jours qu’elles ont le culot de se mêler de la vie de MES friperies. Elles interrogent tous.tes les vendeur.euses, les observent entre deux rayons et prennent des notes de manière effrénée dans leurs carnets de « sociologues » (comme elles les appellent). Elles ne sont pas reparties les mains vides, mais ça, je ne sais pas si elles l’ont noté sur leur journal de terrain – les stocks de pulls et de peluches ont fondu sur leur passage !

Vendredi 24 octobre 2025
Cher journal,
C’est déjà la fin de leur séjour (ce n’est pas trop tôt) ! Ces derniers jours, je les ai entendues élaborer des pistes d’analyse à partir des matériaux qu’elles ont recueillis. Il paraîtrait que les enquêté.es présentent des trajectoires sociales et professionnelles marquées par la précarité. D’ailleurs, iels vont elleux-mêmes acheter leurs vêtements dans des enseignes de seconde main pour des raisons économiques, davantage que par souci écologique. Toutefois, ce qu’iels valorisent avant tout dans leur profession, ce sont les sociabilités qu’iels entretiennent avec leurs collègues et leur clientèle. Grâce à leur travail, j’ai découvert que ces structures participent à la redynamisation de mes quartiers !

Groupe « Associations d’aide aux migrant.es » (Bintou, Kilian, Mansouratt, Oumou)
Retour sous la forme du récit d’un voyage en sociologie
Il était une fois, dans une ville très lointaine (enfin… à 2h de route de Rouen), quatre apprenti.es sociologues. Muni.es de leurs carnets et de leurs dictaphones, iels voulaient étudier le soutien scolaire proposé aux jeunes migrant.es. Après s’être aventuré.es sur un premier sentier, iels ont rebroussé chemin face à l’infaisabilité de ce premier sujet. Iels apprennent en effet que les enfants des migrants en attente de traverser la Manche pour aller en Grande-Bretagne ne sont pas toujours scolarisé.es. En consultant leur carte de la ville, un point lumineux est apparu : il s’agissait de l’accueil de jour du Chemin rouge… Pardon, iels voulaient dire Chemin bleu ! Arrivé.es sur les lieux, iels ont été accueilli.es par la coordinatrice qui leur a expliqué le fonctionnement et les a présenté.es aux bénévoles dispensant des cours de français et d’anglais aux migrant.es. Celleux-ci leur présentent les méthodes pédagogiques qu’iels emploient notamment pour pallier la non-maîtrise d’une langue commune avec leurs élèves et leur méconnaissance des codes scolaires. La curiosité des étudiant.es est attisée par les trajectoires scolaires, professionnelles et militantes que commencent à leur raconter les bénévoles. Iels terminent cette première quête avec une observation participante et un entretien prévu pour le lendemain ! Suite à ces fructueux échanges, nos quatre étudiant.es ont décidé de déplacer leur objet et de s’intéresser aux cours de langues dispensés aux migrant.es à Calais.
Nos valeureux sociologues ont conduit un riche premier entretien d’1h45 avec une professeure à la retraite qui leur dévoile son parcours marqué par son engagement religieux et social sans faille. Mais iels en ont tiré un autre enseignement qui leur sera précieux pour la suite de leur carrière de sociologue : il faut toujours s’assurer d’avoir lancé l’enregistrement avant de débuter l’entretien. Heureusement, iels avaient pris de nombreuses notes, ce qui leur a permis de reconstituer l’entretien à partir de leur parchemin… Par la suite, les étudiant.es ont pu récolter d’autres point de vue de bénévoles et creuser la piste du catholicisme social. Iels ont aussi réalisé plusieurs observations participantes en se mettant dans la peau de bénévoles, par exemple lors d’un après-midi dictée.
Leur voyage à Calais a été une belle expérience, et iels sont reparti.es, certes fatigué.es, mais avec un précieux trésor qu’iels pourront déterrer lors de la réalisation de leurs mémoires de recherche !

Groupes « Sociabilités quotidiennes dans les bistrots, les salons de thé, les chocolateries et boulangeries » (Nour, Vololontsoa, Théo, Alassane)
Retour sous forme d’audition : “The voice sur le terrain”
Un jury singulier
Mesdames et messieurs, voici les membres du jury de The Voice : nos questions de recherche. Ce sont elles qui orientent notre regard, qui choisissent ce que nous allons écouter, observer et retenir. Elles se préparent à découvrir des profils variés. Au départ, elles tâtonnent un peu, elles nous recommandent d’analyser les habitudes de consommation, les catégories socioprofessionnelles et même les discussions politiques des personnes fréquentant ces lieux.
Or, certaines tables rassemblent toujours les mêmes habitués, certains lieux attirent des jeunes, d’autres des retraités, chacun joue sa partition, des relations familières se créent, s’entretiennent. C’est alors que de nouveaux membres du jury arrivent, tandis que d’autres s’en vont, notre enquête de terrain prend un tour nouveau :comment se créent les liens sociaux dans ces espaces du quotidien ?
Audition à l’aveugle : une pluralité de lieux
Les fauteuils se retournent… et devant nous apparait une série de lieux : cafés, bars, salons de thé, bistrots, chocolateries, boulangeries-salons de thé. Certains établissements affichent une vocalise raffinée, lumineuse, et des prix qui nous rappellent que le chant est riche en vibratos. Ambiance calme, discussions calmes, clientèle majoritairement bourgeoise et retraitée. Les habitudes bien installées, presque un club privé sans badge, nous repérons donc les chansons en vogue des années 1970 et 1980.
Ailleurs, changement total de catégorie de musique. Des espaces où les jeunes s’installent, jusqu’aux adultes d’âge moyen. Plus de mouvement, plus de bruit, plus de spontanéité. On commande, on rigole, on joue aux fléchettes, on repère de la pop, du rap et du rock.

Et puis il y a les lieux plus familiaux, où tout le monde se connaît, avec des conversations animées sur le sport, la politique, les évènements de la ville. Des lieux intergénérationnels qui mènent aux chansons que tout le monde connaît, comme celles de Céline Dion.
Puis, il y a des espaces plus singuliers. Décoration recherchée, agencement pensé pour attirer un public précis, des couples, des curieux, des chanteurs de chanson d’amour et de passion… Sur le papier, un lieu intergénérationnel.
Lorsque les auditions sont terminées…
Une fois les auditions achevées, nos fauteuils rouges se retournent sur deux constats unanimes. D’abord, le public de notre première scène de sociabilité était majoritairement âgé. Entre neuf heures et midi, les stars du jour étaient surtout les expérimentés de la vie, des habitués fidèles venus faire leur vocalise quotidienne en groupe ou en solo, autour du fameux café de la voix ou d’un petit déjeuner pour ceux qui ont un petit creux. Ensuite, quel que soit leur âge, les chanteuses et les chanteurs calaisiens n’étaient pas venus pour la compétition ou le trophée, mais pour garder leur présence sur la scène de la vie sociale et refaire l’expérience avec le public et les fans, de façon socialement différenciée.

Et nous, apprentis sociologues, avons surtout appris à écouter les chansons avec plus d’objectivité et plus d’humanité : les paroles sont douces et racontent les liens sociaux, les vécus, les récits de vie, la peur, et la motivation de chaque candidat. Comme les juges de The Voice sont avant tout des chanteuses et des chanteurs, les questions de recherche sont posées par des sociologues qui sont avant tout membres de la société qu’elles et ils tentent de décrire, expliquer et comprendre.
Groupe syndicat (Louanne, Lucie, Sarah)
Retour sous forme d’un manifeste du syndicalisme à Calais (à la recherche de Karl Marx)
Sous le ciel changeant de Calais, la ville industrielle parle encore : ses rues portent la mémoire des luttes, les pas de ses travailleurs y résonnent toujours. De chaque parc à chaque musée on murmure la question : que reste-t-il du syndicalisme quand les usines de Calais se taisent ? Nous proclamions que le syndicalisme n’était pas mort : on a fini par le découvrir, transformé.
Nous faufilant à travers les lourdes portes bleues de la Bourse du travail, longeant les bureaux fermés en quête de délégués ou de syndiqués, on a fini par être mises dehors par une des rares personnes croisées : « c’est quoi votre truc ?! » et la discussion s’est arrêtée. Cet épisode nous a conduites à arpenter les rues froides calaisiennes et à arrêter au hasard les passants : « bonjour, est-ce que vous êtes syndiqués ? ». Du parc Richelieu au musée des Beaux-arts, nous avons croisé des syndiqués et des non syndiqués, mais qui tous et toutes tiennent au syndicalisme.
Deux centrales syndicales ont fini par s’incarner. On a entrevu des valeurs qui évoluent, des modes d’engagement qui se transforment et des combats qui se repositionnent. Pour Kévin, un représentant du personnel, le besoin reste constant. La désindustrialisation n’a pas freiné la prise de conscience collective : elle l’a transformée en quelque chose de plus caché, de plus tabou, de plus délicat à identifier pour des apprenties chercheuses, mais elle demeure toujours présente. C’est par le bas que ces syndiqué.es (ré)inventent le syndicalisme : dans les gestes d’écoute et de soutien, dans les discussions à voix basse dans les couloirs et les assemblées locales.
Après ces découvertes, nous affirmons que le syndicalisme à Calais, au XXIème siècle, ne peut plus être pensé de manière unidimensionnelle : les différences se croisent et les luttes s’entremêlent. Aujourd’hui, faire partie d’un syndicat implique aussi d’être en lien avec autrui, de soutenir des causes communes et d’être engagé. De ce fait, nous décrétons que le syndicalisme est une pratique sociale, réalisée discrètement, mais fièrement. Le syndicalisme continue d’exister parce qu’il se transforme. Et tant qu’il y aura des luttes à mener, il y aura des syndiqués.
Signé le 03 novembre 2025


Groupe Tiers-lieux (Adrien, Camille, Charlotte, Hiba)
Retour sous forme d’un interrogatoire entre un inspecteur et un groupe d’étudiant.es
Inspecteur : Racontez-nous comment tout cela a commencé…
Étudiant.es : Hmm, au début, nous voulions une enquête tranquille, à partir des tiers-lieux. Mais on s’est rendu compte bien vite, sur place, que ça n’allait pas être si simple. Vous comprenez, Monsieur l’inspecteur, on voulait comprendre comment les tiers-lieux favorisent l’insertion professionnelle des calaisien.nes.
Inspecteur [le ton monte] : Ah oui… mais que s’est-il passé pour que vous en arriviez là ?
Étudiant.es : Ben, une fois arrivé.es à Calais, on s’est rendu compte de la réalité : on s’était trop reposé.es sur le discours institutionnel, trouvé sur un site internet. Ce discours décrivait le Tiers-Lieu Ciblé (on gardera l’anonymat si vous voulez bien Monsieur l’inspecteur) comme un lieu d’insertion professionnelle pour des populations précaires, et entendait lutter contre la fracture numérique…
Inspecteur : Et qu’est-ce que ça cachait votre histoire de présentation internet ?
Étudiant.es : Nous sommes tombé.es sur une élite économique locale !
Inspecteur : Pardon ?! [Il reste bouche bée, attendant clairement des explications]
Étudiant.es : Quand on est arrivé dans le Tiers-Lieu Ciblé, on a vu des gens faire du modélisme
3D, assez poussé, ça faisait diplômé et aussi fortement masculin. En entretien, nos doutes ont été confirmés : Des ingénieurs ! Des développeurs ! Des graphistes ! Des “freelances” ! Pas de traces de chômeurs longue durée Monsieur l’Inspecteur…
Inspecteur : Mais ils ne sont pas faciles d’accès habituellement, ces gens-là, c’est un peu suspect votre histoire…
Étudiant.es : C’est ce qu’on s’est dit. Mais le Tiers-Lieux Ciblé est soutenu majoritairement par la mairie et les pouvoirs publics locaux. Ces entrepreneurs ont des partenariats avec la municipalité et les entreprises locales. Ce tiers-lieu, c’est un lieu de rencontre pour cette élite économique locale, ils se côtoient, se connaissent, travaillent parfois ensemble.
Inspecteur : Et qu’est-ce que ça a fait à votre enquête à vous ?
Étudiant.es : On ne pouvait pas passer à côté de cette enquête, l’opportunité était trop forte ! Alors ça a demandé beaucoup d’efforts, mais grâce à notre travail et l’aide de nos profs, on c’est attelé.es à analyser ce petit monde économique, qui nous a bien reçu.es, on doit le dire Monsieur l’inspecteur.
Inspecteur [décontenancé] : Bien écoutez, je ne sais pas si je pourrais faire grand-chose pour vous, mais je vous relaxe. Vous avez mis vos nez dans un truc profond, je pense que vous n’avez pas encore assez d’infos sur cette histoire. Ça mérite une enquête plus approfondie, mais c’est pas mal pour des apprenti.es enquêteur.ices !

Groupe activités culturelles (Elizabeth, Kenza, Maël, Nassim)
Retour sous la forme d’un rapport de chantier [gA1]
Comment comprendre la place de la culture dans la vie des exilés de Calais ? La question peut paraître surprenante au premier abord. Le mot « culture » est rarement évoqué dans les récits des migrants en transit à Calais, car ils font face à l’urgence des premières nécessités telles que le logement, la nourriture ou l’hygiène. Par ailleurs, la plupart pense y rester seulement quelques jours ou une semaine, même si beaucoup finissent par rester des mois, parfois même des années. Mais cette question surprenante de prime abord l’est moins quand on prend en compte non seulement les offres culturelles dans la ville, mais aussi tout ce que font les migrants pour se détendre, se divertir, s’évader de leurs soucis matériels quand ils ont deux minutes de répit, entre deux opérations de la police. Et si on considérait la culture comme un chantier à construire, brique par brique ? C’est ce que semblent suggérer les acteurs et les actrices que nous avons rencontré.es à Calais : les tenanciers d’un bar associatif, le responsable d’une maison d’accueil des migrants, les bénévoles d’un accueil de jour, la gérante de la scène nationale Le Phare, la présidente de l’association culturelle Multicolore et plusieurs exilé.es bénéficiaires des activités mises en place.
Construire la culture, brique par brique
Casquettes vissées, bottes pleines de boue, stylos en main, on repart avec cette conviction sur le terrain calaisien : la culture se construit ensemble même si les plans changent en cours de route.
Premier accès au chantier : une énorme problématique se dessine, alors que le terrain des associations est verdoyant, fertile, sans rochers, celui des institutions étatiques est impraticable, d’énormes rochers disposés un peu partout, des câbles haute-tension, de profondes crevasses nous font réaliser que, pour les exilés, la ville est inhospitalière. Ils doivent se cacher, ils sont harcelés, tandis que l’action des associations, bien qu’entravée, vise tant bien que mal à faire une différence dans la vie des jeunes en transit.

Notre chantier comptait plusieurs terrains à bâtir :
En première place Maison d’accueil, un véritable lieu de rencontre d’acteurs associatifs, d’habitants curieux et d’exilés venus chercher repos et chaleur le temps d’un instant, un endroit où s’échangent idées, activités et bons procédés.
La Phare, témoin du patrimoine culturel calaisien, où l’on mesure la distance entre la culture institutionnelle et la culture informelle.
Dans l’accueil de jour où nous avons été bénévoles afin de réaliser une observation participante du chantier, nous avons finalement effectué une « participation observante », enfin surtout participante… les ouvriers de notre équipe prenant part à diverses activités, et se laissant parfois emporter par celles-ci.
Chantier fini, quelles conclusions ?
Des rencontres avec les ouvriers du terrain, les usagers, et du froid, beaucoup de froid. Mais aussi de la chaleur, et c’est peut-être ce qui définit le mieux notre semaine : la chaleur des discussions, des sourires, des chansons (parfois fredonnées, parfois criées), des danses souvent folkloriques, mais toujours sincères. À toutes les personnes rencontrées sur ce chantier, merci. Pendant une semaine nous étions hors du temps, et pourtant au plus proche d’une réalité encore trop méconnue : la réalité de la vie de ces exilés, qui ont quitté leurs pays avec de l’espoir plein les yeux, parfois pour fuir des horreurs et qui ont vécu des choses inimaginables en cours de route, mais qui sont parvenus jusqu’à Calais, après un long et fastidieux voyage. Aujourd’hui, ils essayent simplement de survivre en attendant le prochain bateau vers l’Angleterre qui, avec un peu de chance, les emmènera vers une vie meilleure.

Alors à nos frères et sœurs du Soudan, du Congo, de Palestine, d’Irak, de Syrie, d’Erythrée, d’Ethiopie, du Kurdistan, d’Iran, d’Afghanistan, bref, de toutes les régions du monde qui souffrent, nous compatissons et espérons pour vous un avenir meilleur.

Groupe sécurité et santé au travail (Jocelyne, Madani, Mamadou, Simone)
Retour sous la forme d’une dernière recette de cuisine
Avant de commencer cette dernière recette, on ne perds pas les habitudes: un tablier et des charlottes de sociologue. La grande cuisine, nous pensions la trouver sur le port de Calais : nous souhaitions étudier le rapport à la sécurité au travail de ses employé.es.
Nous avons réuni les ingrédients nécessaires à l’entrée sur le terrain : 500 g de courage, un litre d’énergie pour contacter un responsable qui devrait nous donner l’accès au port. Hélas, celui-ci s’est révélé impossible. Nos mails de relance sont restés sans suite. Nous avons tenté les mails et le porte-à-porte : nous tournions en rond… Heureusement nous étions des apprenti.es sociologues bien déterminé.es. Ce qu’il fallait comme dosage, c’était 1kg de persévérance saupoudrée d’une bonne quantité d’adaptabilité. Ce que nous devions faire, c’était ajuster en fonction du goût tout en gardant le thème initial, c’est-à-dire interroger la question de la securité au travail auprès d’acteurs issus d’autres secteurs professionnels notamment du côté d’un cabinet de conseil spécialisé en la matière.
Le mélange est prêt ! Oups ! Nous avons oublié un élément essentiel pour améliorer cette recette : les bonnes surprises du terrain. Alors que nous errions devant l’hôtel de ville, un monsieur âgé nous a demandé si nous faisions du tourisme à Calais. La discussion s’est engagée, il s’avérait que ce monsieur est un directeur Qualité, Hygiène et Sécurité à la retraite ! Ce deus ex machina nous a accordé un entretien spontané et de nouvelles idées de terrain.
Au retour à notre hébergement, en Etchebest de la sociologie, nous poussons la porte de la cantine, en nous rappelant que le terrain est partout (surtout que dehors, il pleuvait). En effet, nous réalisons un entretien avec le cuisinier de l’auberge de jeunesse où nous séjournons en le questionnant sur ses pratiques en matière de sécurité et d’hygiène au travail. Nous avons même eu droit à une visite de la cuisine !
Bref… Le dîner est enfin prêt mais il a eu lieu sur terre plutôt qu’en mer. L’expérience de terrain nous enseigne que malgré les instructions de départ, une fois sur le terrain la réalité peut être bien différente. Et à Calais, le port, il est fermé! Chaque terrain a sa saveur. Certaines recettes sont simples à réaliser et d’autres nécessitent beaucoup plus d’ingrédients et de technique. Mais au final, tous les apprentis cuistots ont pris goût à l’enquête sociologique. Les ingrédients essentiels de notre recette étaient : adaptation, persévérance, sans renoncer à son intuition initiale… Et bien sûr dans le respect des règles d’hygiène et de sécurité !
La promo 2025-2026 de M1 de sociologie et les prof
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
liyong (18 novembre 2025). Billet de blog 3 : Retour à Rouen. Dynamiques sociales contemporaines. Consulté le 13 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/155tv







